Topics AND Journal
Histoire de Fushimi : Antiquité, époque de Heian et Moyen Âge — Avant le château de Fushimi : les établissements de Fukakusa, la villa de Shigetsu, et la vie de la famille Fushimi-no-miya et des villageois
2026.10.25
Les charmes de Fushimi-MomoyamaSommaire de cet article
Fukakusa conserve des traces d’agriculture et de fabrication de poterie bien plus anciennes que le châteauSur la colline de Shigetsu, la villa de Fushimi fut construite face à la rivière UjiLe palais détaché de Toba et le Fushimi-dono se trouvaient en des lieux différentsLa famille Fushimi-no-miya fit du palais de Shigetsu sa résidenceIshii, Yama, Funatsu et Miki : le travail des villages avant la ville castraleLes villageois offraient des arts du spectacle au palais des Fushimi-no-miyaLes ports de Toba et de Yodo sont plus anciens que le port de Fushimi de HideyoshiLa construction du château par Hideyoshi transforma profondément l’usage existant des terresRéférencesToyotomi Hideyoshi commença à construire un château à Fushimi en 1592. Même avant cette date, Fushimi et ses environs abritaient des établissements agricoles, des gens qui fabriquaient de la poterie en terre cuite, des villas aristocratiques et un palais impérial. Les terres situées au pied des collines et près des rivières servaient à l’habitat, à la production et aux déplacements entre Kyoto et Nara.
L’actuel arrondissement de Fushimi comprend des secteurs aux origines différentes, comme Fukakusa, Momoyama, Toba et Daigo. Les Fushimi-no-miya étaient une maison de la famille impériale, et le « palais des Fushimi-no-miya » désigne la résidence de cette famille. Cet article se concentre sur Shigetsu, dans les collines de Momoyama, et sur la vie de la famille Fushimi-no-miya, et retrace leurs liens avec Fukakusa au nord et Toba à l’ouest. Les rues commerçantes actuelles devant les gares et le quartier des brasseries de saké n’ont pas traversé les siècles inchangés depuis l’Antiquité. [52, 53, 57, 58]
Fukakusa conserve des traces d’agriculture et de fabrication de poterie bien plus anciennes que le château
À Fukakusa, au nord du centre de Fushimi-Momoyama, des outils agricoles en bois tels que des houes et des bêches ont été mis au jour avec de la poterie en terre cuite sur le site yayoi de Fukakusa, situé au sud-ouest du mont Inari. L’histoire générale de la ville de Kyoto indique que la riziculture en rizière inondée y fut pratiquée de bonne heure. Les outils exhumés étaient faits de bois de chêne dur, ce qui en fait un témoignage à la fois du travail de la terre et des techniques employées pour travailler le bois. [58]
L’argile soutenait elle aussi la production dans ce secteur. La ville de Kyoto signale que l’entrée de la 17e année du règne de l’empereur Yuryaku dans le Nihon Shoki contient le récit de fabricants de poterie envoyés à la cour impériale depuis « Fushimi (俯見) dans la province de Yamashiro ». Il s’agit de la mention d’un toponyme et de potiers dans des documents écrits. Tant ce qu’elle nous apprend que la nature de ce témoignage diffèrent de ce qu’apportent les outils agricoles trouvés sur le site archéologique. [58]
Aux époques ultérieures aussi, il existait des carrières d’argile de Fukakusa jusqu’aux collines de Momoyama, et cette argile servait aux tuiles de Fukakusa et aux poupées de Fushimi. L’histoire de Fushimi comprend non seulement la brasserie de saké, mais aussi des fabrications utilisant des matériaux locaux. Toutefois, on ne peut confirmer que les potiers de l’Antiquité et les artisans ultérieurs aient formé une lignée unique et ininterrompue. [58]

Des rizières dans les basses terres, des collines exploitées pour l’argile et le bois
Les fouilles des sites de Fukakusa ont livré non seulement des outils agricoles, mais aussi des objets du quotidien et du riz carbonisé. Plutôt que de reconstituer la riziculture par la seule imagination, on peut attester la vie quotidienne à la fois par les outils servant à travailler la terre et par les récoltes cultivées et stockées. L’histoire de l’établissement découvert sur le flanc ouest du mont Inari et celle des tuiles et des poupées d’argile fabriquées bien plus tard avec l’argile de la colline ont toutes deux trait à « l’argile », mais elles diffèrent par l’époque et par la nature du travail. [DXH013]
À l’époque de Heian, des tombeaux impériaux et des temples furent construits à Fukakusa. Après l’inhumation de l’empereur Ninmyo au mausolée de Fukakusa en 850, le Kajo-ji, temple familial voué à ses rites commémoratifs, fut fondé, suivi de temples tels que le Jogan-ji et le Gokuraku-ji, fondés par le clan Fujiwara. De même que Fujiwara no Yoshifusa fit bâtir le Jogan-ji pour prier pour la protection de son petit-fils, le prince Korehito, futur empereur Seiwa, les rites commémoratifs de la famille impériale et les prières de la famille des régents façonnèrent l’implantation des temples dans le secteur. Le lien de Fushimi avec la famille impériale ne commença pas uniquement avec la villa de Shigetsu. [DXH023]
Sur la colline de Shigetsu, la villa de Fushimi fut construite face à la rivière Uji
Shigetsu se trouve à l’extrémité sud des collines de Momoyama et domine la rivière Uji. À la fin du 11e siècle, Tachibana no Toshitsuna, aristocrate de l’époque de Heian, y fit construire la villa de Fushimi (Fushimi Sanso). L’explication de la ville de Kyoto date sa construction de l’ère Enkyu, 1069–1074. Toshitsuna était un fils de Fujiwara no Yorimichi, fondateur du Byodo-in à Uji, et il était aussi connu sous le nom de Fushimi Choja (le Riche de Fushimi). [52]
Ce site se trouvait au sud de la capitale, entre Kyoto et Nara, à proximité des rivières et de l’étang d’Ogura. La villa sur la colline et les étendues d’eau et de champs qui couvraient les basses terres constituaient des usages différents d’un même secteur. Shigetsu est connu parce qu’un château y fut construit plus tard, mais avant cette construction, c’était aussi un lieu où des aristocrates possédaient des résidences. [52, 63]
Après la mort de Toshitsuna, la villa passa à la famille impériale, et à l’époque de l’empereur retiré Go-Shirakawa, le Fushimi-dono fut construit. On l’appelle aussi palais de Funatsu (Funatsu Gosho) et palais détaché de Fushimi (Fushimi Rikyu). Tandis que les propriétaires et les noms des bâtiments changeaient, Fushimi se transmit comme une terre liée à la famille impériale. [53]
Toshitsuna choisit un terrain offrant des vues au-delà du jardin
La villa de Fushimi de Toshitsuna montre combien un créateur de jardins accordait de valeur aux montagnes et aux eaux environnantes. Le récit historique Imakagami, achevé à la fin du 12e siècle, rapporte une anecdote selon laquelle, lorsque l’empereur retiré Shirakawa s’enquit des beaux lieux, Toshitsuna cita sa propre villa de Fushimi et répondit, en substance, que le Toba-dono était splendide parce que l’empereur retiré l’avait aménagé, mais qu’il lui manquait le relief et les vues. Ce qui est comparé ici n’est pas seulement le luxe des bâtiments, mais le relief que le site possédait à l’origine et ses vues lointaines. [R2E014]
Le Goshui Wakashu contient également un poème composé par Toshitsuna lorsque des dames de compagnie de la maison Shijo vinrent en excursion à Fushimi et s’apprêtaient à repartir avant la tombée de la nuit. Les dames de compagnie (nyobo) étaient des femmes au service de maisons aristocratiques et de milieux similaires. La villa n’était pas une simple résidence où l’on gardait la vue pour soi ; c’était un lieu où l’on invitait des hôtes, échangeait des poèmes et entretenait des liens avec la capitale. Selon une théorie, Toshitsuna serait l’auteur du traité de jardins Sakuteiki, mais le fait que des anecdotes et des poèmes sur la villa aient été conservés ne suffit pas, à lui seul, à établir qu’il en fut l’auteur. [R2E014]
Le palais détaché de Toba et le Fushimi-dono se trouvaient en des lieux différents
À la même époque, le palais détaché de Toba (Toba Rikyu) fut construit dans le secteur situé à l’ouest de l’actuelle gare de Takeda. Il s’agissait d’un vaste ensemble palatial aménagé par l’empereur retiré Shirakawa qui, après avoir quitté le trône, continua de gouverner en tant qu’empereur retiré selon le système appelé insei (gouvernement des empereurs retirés) ; il fut ensuite transmis jusqu’à l’époque de l’empereur retiré Toba. Des palais comme le palais Sud et le palais Nord furent construits avec des temples, et des routes terrestres et des voies d’eau furent également aménagées pour les déplacements des aristocrates. [52]
Le palais détaché de Toba n’était pas le même édifice que la villa de Fushimi ou le Fushimi-dono de Shigetsu. Le premier se trouvait dans les basses terres à l’ouest des collines de Momoyama, tandis que les seconds se situaient du côté de la colline dominant la rivière Uji. Les deux secteurs font partie de l’actuel arrondissement de Fushimi, mais leur visite exige des déplacements distincts. Une sortie centrée sur le sanctuaire Jonangu ou l’Anrakuju-in et une promenade d’Otesuji au quartier des brasseries de saké peuvent se prévoir avec des gares de départ et des itinéraires différents. [52, 48]
Daigo et Hino, à l’est, sont quant à eux des secteurs qui se sont développés autour du Daigo-ji et du Hokai-ji. Ils apparaissent aussi lorsqu’on se renseigne sur « Fushimi à l’époque de Heian », mais ils ne faisaient pas partie des installations regroupées autour de la colline de Momoyama. Les limites actuelles des arrondissements ne correspondent pas aux découpages régionaux de l’époque. [52, 53, 57]
Vous pouvez comparer sur une carte la gare JR de Momoyama, porte d’accès à Shigetsu, le sanctuaire Jonangu, associé au site du palais détaché de Toba, et le Daigo-ji, à l’est. Les gares, temples et sanctuaires actuels servent de repères pour visiter les lieux de cette histoire. Cela ne signifie pas que l’on puisse voir les bâtiments de la villa de Fushimi ou des palais tels qu’ils étaient.

La famille Fushimi-no-miya fit du palais de Shigetsu sa résidence
À l’époque des Cours du Nord et du Sud (Nanboku-cho), le Fushimi-dono était un palais associé notamment aux empereurs retirés Kogon et Komyo de la Cour du Nord. L’empereur retiré Kogon transmit le palais au prince Yoshihito, membre de la famille impériale, et sa résidence en ce lieu donna naissance à l’histoire de la famille Fushimi-no-miya. Près du palais, Fujiwara no Neishi, mère des deux empereurs retirés, fonda le Daikomyo-ji. [53]
Ishii, Yama, Funatsu et Miki : le travail des villages avant la ville castrale
Une source essentielle pour le Fushimi du 15e siècle est le Kanmon Nikki, rédigé par le prince Fushimi-no-miya Sadafusa, membre de la famille impériale. Le journal mentionne des villages comme Ishii, Yama, Funatsu et Miki. Le village d’Ishii, où se trouve le sanctuaire Gokonomiya, le village de Yama, où vivaient les kimori chargés de gérer les forêts, et le village de Funatsu, face à l’étang d’Ogura, avaient chacun des conditions de terrain et des activités différentes. Avant de devenir une ville castrale, le lieu comptait déjà des villages portant chacun son propre nom. [DXH007]
Les écrits du prince Sadafusa mentionnent des poissons pêchés depuis des bateaux, des fougères aigles et des champignons matsutake, la contemplation des fleurs de prunier et les feuillages d’automne, ainsi que des mandarines de la fin de l’automne au début de l’hiver. Les mandarines étaient offertes en présent à des personnages de haut rang de la capitale, et le prince lui-même allait parfois au-delà du village de Funatsu jusqu’à Misu pour cueillir des pousses de prêle. La pêche au bord de l’eau, la cueillette dans les collines, ainsi que la récolte et le don de fruits étaient des activités saisonnières distinctes dans un même secteur. L’usage de la terre était très différent de la ville commerçante et industrielle qu’évoque facilement le quartier actuel des brasseries de saké. [DXH007]
On pense que le palais du prince se trouvait près du sud-est de l’actuelle gare JR de Momoyama. Le site voisin de Shigetsu était connu comme un point élevé offrant de beaux paysages, et Ashikaga Yoshinori, shogun du shogunat de Muromachi, s’y rendit aussi au retour de Nara. Plus de 150 ans avant que Hideyoshi ne construise son château, c’était déjà un lieu, entre la capitale et Nara, où s’arrêtaient shoguns et envoyés du shogunat. [DXH007]
Des officiers de domaine confrontés aux ventes de terres, aux impôts extraordinaires et aux conflits entre villages
Les officiers qui assuraient la gestion pratique d’un domaine (shoen) pour le compte de son seigneur étaient appelés shokan. L’une des personnes impliquées dans la gestion du domaine de Fushimi était Ogawa Zenkei. Dans les entrées de 1416 du Kanmon Nikki, Zenkei apparaît comme mandokoro, charge responsable de la gestion du domaine, et il transmettait aux villages les ordres du seigneur du domaine, la famille Fushimi-no-miya. Parmi les exemples concrets de son activité figurent un avis interdisant la vente non autorisée de terres à l’intérieur du domaine et un ordre enjoignant de ne pas recourir à la force dans un conflit avec un district voisin. L’achat et la vente de terres agricoles comme la réponse aux conflits ne relevaient pas des seules décisions des habitants des villages ; ils s’inscrivaient dans un système de contrôle allant de la famille princière aux officiers du domaine. [R2E007]
En 1422, lorsque la famille princière tenta d’imposer le tansen, les habitants refusèrent collectivement d’y consentir. Le tansen était un impôt extraordinaire établi selon la superficie des rizières. Cependant, Zenkei ayant donné son accord de sa propre autorité, les habitants portèrent plainte contre lui. Même si les officiers du domaine vivaient dans les villages, ils ne représentaient pas toujours l’avis de l’ensemble du village, et leurs intérêts pouvaient diverger au sujet des redevances annuelles et des charges supplémentaires. [R2E007]
Zenkei participait aussi aux réunions de renga (poésie en chaîne) au palais et servait le clan Yamana, une famille de daimyo. Miki Zenri, de son côté, intervenait dans la gestion des terres en tant que gesu, chargé de la gestion sur place du domaine de Fushimi, et, en tant que vassal (hikan) du clan Hatakeyama, il pouvait aussi être appelé à fournir des troupes. « Ceux qui servaient le palais », « ceux qui administraient les villages » et « ceux qui suivaient les obligations militaires d’un daimyo » se recoupaient parmi les personnages influents d’un même secteur. [R2E007]
Le pouvoir guerrier intervint aussi dans un conflit portant sur le petit bois des collines
Lors des troubles de 1433 impliquant Sumiyama, Ogawa Yuzen, fils de Zenkei, et le gesu Miki Zenri furent au centre de la réponse. Yuzen occupait lui aussi la charge de mandokoro. Sumiyama est un village de la zone montagneuse située du côté de l’actuelle ville d’Uji, et il relevait du domaine du Daigo-ji. Un conflit portant sur la zone où l’on pouvait couper le petit bois dans les collines dégénéra en un affrontement avec morts et blessés, nécessitant des négociations avec le shogunat et de puissants daimyo. Le prince Sadafusa tenta d’en appeler à Hatakeyama Mitsuie par l’intermédiaire de Zenri, qui servait le clan Hatakeyama. Le gagne-pain consistant à couper des arbres et à ramasser du combustible était aussi un enjeu qui touchait aux limites entre seigneurs et aux liens militaires. [R2E007][R2E020]
Si les familles Ogawa et Miki étaient en conflit au sujet de terres et de charges, elles nouaient aussi des relations quasi filiales, par exemple en tenant le rôle de kakan, la personne qui posait la coiffe sur la tête d’un fils lors de sa cérémonie de genpuku. Le genpuku était un rite de passage à l’âge adulte au cours duquel un jeune homme recevait un nom et des vêtements d’adulte, et un lien non fondé sur le sang se formait entre l’enfant et l’eboshi-oya (parrain de la coiffe) qui présidait la cérémonie. Non seulement le mariage et la succession familiale, mais aussi de tels rites contribuaient à façonner les relations humaines au sein du domaine. [R2E007]
Les officiers de village eux aussi se costumaient au palais et participaient à une cérémonie d’entrée en religion
Les personnes qui assuraient la gestion pratique du domaine prenaient aussi part aux banquets et aux cérémonies du palais. Lors d’un banquet tenu le 7e jour du 3e mois du calendrier lunaire en 1416, Ogawa Yuzen, avec le samouraï du palais Oka Zenkoku, exécuta un furyu costumé en Katsurame et en saotome, femmes repiquant le riz. Les Katsurame étaient des femmes associées au secteur de Katsura, et les saotome des femmes qui repiquaient les plants de riz. Les personnes chargées de la gestion pratique du domaine jouaient des rôles différents lors des banquets. [R2E007]
Lorsque le prince Sadafusa prononça ses vœux bouddhiques en 1425, Yuzen prononça aussi les siens le même jour, avec Oka Zenkoku. Le lien entre seigneur et vassal se manifestait non seulement lorsque des ordres étaient donnés, mais aussi lors des banquets, dans les arts du spectacle et dans les cérémonies religieuses. En allant un peu plus loin que l’affirmation générale selon laquelle des villageois se rendaient au palais, on peut voir qui occupait quelle charge et qui participait à quels événements. [R2E007]
Les villageois offraient des arts du spectacle au palais des Fushimi-no-miya
Des villageois des environs se rassemblaient aussi au palais lors d’événements. Le Kanmon Gyoki, journal du prince Fushimi-no-miya Sadafusa présenté par la ville de Kyoto, rapporte que des villageois se rassemblèrent au Fushimi-dono et, avec des constructions décoratives et des costumes élaborés, offrirent une danse appelée matsubyoshi. Au sanctuaire Gokonomiya et ailleurs se tenaient aussi des sarugaku (art du spectacle à l’origine du nô), des renga (dans lesquels plusieurs personnes enchaînent des vers) et des ochaji (réunions de thé). Par les arts du spectacle et les événements, des liens existaient entre le palais, le sanctuaire et les villageois des environs. [53][88]
Une explication de l’Agence pour les affaires culturelles indique que l’entrée du 7e jour du 1er mois de l’an Oei 23 (1416) rapporte que des villageois du domaine de Fushimi préparèrent un matsubayashi et vinrent à la résidence du prince. Dans l’édition en fac-similé ci-dessous, les caractères « 郷中松拍子 » (matsubyoshi des villages) sont également visibles dans l’entrée de ce jour. L’événement au cours duquel des villageois se rendirent au palais est rapporté du point de vue du membre de la famille impériale qui rédigea le journal. [67, 68]

À la différence du matsubyoshi consigné dans le journal médiéval, lors de l’actuelle fête Shinkosai du sanctuaire Gokonomiya, les ombrelles fleuries de chaque quartier avancent le long d’Otesuji vers le sanctuaire, et des sanctuaires portatifs (mikoshi) parcourent les quartiers des paroissiens. La forme de la fête diffère selon les époques, mais les habitants des quartiers la perpétuent encore aujourd’hui, et le sanctuaire et les rues servent de cadre à la fête. [49, 53]
Les ports de Toba et de Yodo sont plus anciens que le port de Fushimi de Hideyoshi
Avant la construction du château, les transports par voie d’eau ne convergeaient pas tous vers les environs de l’actuel Kyobashi. À l’époque de Heian, les membres de la famille impériale et les aristocrates partant en pèlerinage à Kumano descendaient la rivière Yodo depuis le port de Toba, près du sanctuaire Jonangu. Aux époques de Kamakura et de Muromachi, le port de Yodo servait de base pour acheminer des marchandises vers Kyoto. Le palais des empereurs retirés à Toba, le port de Yodo et le Fushimi-dono de Shigetsu utilisaient tous les voies d’eau, mais ils fonctionnaient en des lieux différents. [DXH009]
Après que son fils aîné fut monté sur le trône sous le nom d’empereur Go-Hanazono, le prince Sadafusa s’installa dans la capitale et y passa ses dernières années. Entre l’époque où des membres de la famille impériale vivaient au palais de Fushimi et celle où Hideyoshi entreprit plus tard des aménagements fonciers à grande échelle, les habitants comme les usages de la terre changèrent progressivement. La construction du château de Fushimi ne fut pas une installation sur une terre inhabitée ; ce fut un projet qui réorganisa un secteur de villages, de forêts, de rives et d’un palais autour du château et des résidences des daimyo. [DXH007, DXH009]
La construction du château par Hideyoshi transforma profondément l’usage existant des terres
Le Fushimi médiéval fut lui aussi pris dans les guerres. Pendant la guerre d’Onin, le sanctuaire d’Inari et d’autres lieux brûlèrent, et les temples, sanctuaires et établissements voisins subirent des dommages. Plus tard, à la fin du 16e siècle, lorsque Hideyoshi fit construire une résidence à Shigetsu puis l’agrandit en château, Fushimi devint une ville castrale comptant de nombreuses résidences de daimyo et des quartiers de citadins. [53, 1]
Notre article sur le château de Fushimi et sa ville castrale explique ce changement par étapes : l’agrandissement d’une résidence en château, le déplacement après le séisme et la reconstruction par Ieyasu. Notre guide des points forts du secteur présente l’emplacement des collines actuelles, la vieille ville devant les gares, ainsi que le port et Chushojima au sud.
Références
- L’époque de Heian : la culture aristocratique et Fushimi
- Le Moyen Âge : une époque de bouleversements / Fushimi et ses liens avec la Cour du Nord
- 90 ans de l’arrondissement de Fushimi : une histoire de diversité
- Les origines du Fushimi antique
- Leaflet Kyoto n° 261 : reconstituer le château de Fushimi Shigetsu
- Ville de Kyoto : circuit des sites historiques et lieux célèbres pour les habitants de l’arrondissement de Fushimi
- Sanctuaire Gokonomiya : fête Shinkosai
- Ville de Kyoto : la ville castrale fondée par Hideyoshi
- Miyako Meisho Zue (Collection Ukai, National Institute of Japanese Literature ; édition imprimée de 1786)
- Kanmon Nikki, Kenkon [1] (publié par le Bureau de la bibliothèque du ministère de la Maison impériale ; édition de 1931–1935)
- Fushimi Ningyo Kamamoto (atelier de cuisson de poupées de Fushimi) (15 mars 1923 ; Archives de Fukakusa 038-001)
- DXH013 Ville de Kyoto : Fushimi, la ville portuaire reliant Kyoto et Osaka
- DXH023 Ville de Kyoto : l’époque de Heian : la culture aristocratique et Fushimi
- DXH007 Ville de Kyoto : partie 2, l’époque du Kanmon Nikki
- DXH008 Ueda Shinpei : Les samouraïs de Fushimi : brève étude des noms de personnes dans le Kanmon Nikki (Shoryobu Kiyo 70)
- DXH009 Ville de Kyoto : partie 4, Fushimi et le transport fluvial (des pèlerinages à Kumano au canal)
- R2E014 : Kimura Saburo (1985), Lieux célèbres et art des jardins : sur leur relation historique
- R2E007 : Ueda Shinpei (2019), Les samouraïs de Fushimi : brève étude des noms de personnes dans le Kanmon Nikki
- R2E020 : Rapport de résultats de recherche des subventions pour la recherche scientifique (KAKENHI) 18520514 : les villages des zones montagneuses / les conflits sur les montagnes et les champs