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Histoire de Fushimi, de l’époque Azuchi-Momoyama au début d’Edo — la construction du château par Hideyoshi, la base politique d’Ieyasu et l’aménagement de la ville castrale
2026.10.25
Les charmes de Fushimi-MomoyamaÀ propos des attraits de Fushimi-Momoyama
Sommaire de cet article
La résidence de retraite de 1592, agrandie en château à partir de 1594Sur l’autre rive de l’Uji se dressait un autre château : le château de MukaijimaLes dégâts du séisme se connaissent par des images postérieures, mais aussi par des traces dans le solDes préparatifs pour recevoir les envoyés en 1596 à l’affrontement armé de 1600Pour Ieyasu aussi, Fushimi fut une base de gouvernement importanteL’aménagement du territoire et de la ville qui accompagna les transformations du châteauDans le Fushimi des premiers Tokugawa : monnayage, architecture, diplomatie et éditionLes transformations du château et des résidences confirmées par les vestiges du sous-solDu siège d’Osaka à l’abandon : le rôle changeant du château de FushimiRéférencesLe château de Fushimi n’était pas un château doté d’un donjon unique, utilisé au même endroit de génération en génération. Il a connu plusieurs étapes : la résidence que Toyotomi Hideyoshi fit construire à Shigetsu, le château issu de son agrandissement, le château transféré sur le mont Kohata après le séisme, et le château reconstruit par Tokugawa Ieyasu. Avec les transformations du château, la disposition des résidences des daimyos et le tracé des rues changèrent aussi. [3, 62]
Otesuji et les noms de quartiers dérivés de daimyos transmettent l’histoire de cette ville castrale. En revanche, le donjon reconstitué que l’on voit aujourd’hui sous le nom de « château de Fushimi Momoyama » est un bâtiment de 1964. Cet article retrace séparément les bâtiments qui subsistent, les vestiges découverts dans le sous-sol et la forme du château déduite des documents. [3]
La résidence de retraite de 1592, agrandie en château à partir de 1594
En 1591, Hideyoshi céda la fonction de kampaku (régent impérial) et le palais Jurakudai de Kyoto à son neveu Toyotomi Hidetsugu ; l’année suivante, en 1592, il entreprit de bâtir une résidence pour sa retraite sur la colline de Shigetsu, qui domine la rivière Uji. Shigetsu avait une histoire antérieure comme site du palais des Fushimi-no-miya, une famille de lignée impériale. L’usage des lieux à l’époque de Heian et au Moyen Âge est présenté dans Fushimi avant le château. [63]
Après la naissance de Toyotomi Hideyori, fils de Hideyoshi, en 1593, l’agrandissement en château fortifié doté d’un donjon et de murs de pierre progressa à partir de 1594. Une explication publiée en 2026 par l’Institut de recherche archéologique de la ville de Kyoto distingue la résidence de 1592 de l’étape, à partir de 1594, où elle fut aménagée en véritable château. Même lorsqu’on résume cela par la formule « construit en 1592 », cela ne signifie pas qu’un grand château achevé existait dès le départ. [61, 62]
Cependant, lors du grand séisme de 1596, les bâtiments du palais, les portes et d’autres structures s’effondrèrent. Hideyoshi transféra le château sur le mont Kohata, au nord-est, et le reconstruisit ; il mourut dans ce château en 1598. Les environs de l’actuel mausolée de l’empereur Meiji correspondent à l’emplacement de l’enceinte principale (honmaru) de ce château du mont Kohata. [3, 61]
| Période | Utilisation du château et du terrain | Indices sur l’emplacement actuel |
|---|---|---|
| À partir de 1592 | Une résidence de retraite est construite à Shigetsu, puis agrandie en véritable château | Emplacement étudié à partir des résultats de fouilles autour de la gare JR de Momoyama et d’autres éléments |
| Après le séisme de 1596 | Le château est transféré sur le mont Kohata | Les environs de l’actuel mausolée de l’empereur Meiji se situent autour de l’emplacement de l’enceinte principale |
| Après l’incendie de 1600 | Tokugawa Ieyasu reconstruit le château | Sur le même mont Kohata, les bâtiments et la disposition des résidences changèrent néanmoins |
| Après l’abandon du château en 1623 | Les bâtiments sont déplacés et des pêchers sont plantés sur le site du château | À l’origine du toponyme « Momoyama » |
| 1964 | Un donjon reconstitué est construit comme installation d’un parc d’attractions | L’actuel château de Fushimi Momoyama ; distinct des bâtiments des châteaux de Hideyoshi et d’Ieyasu |


Sur l’autre rive de l’Uji se dressait un autre château : le château de Mukaijima
Le château de Mukaijima (Mukaijima-jo) était un château rattaché au château de Fushimi, construit par Hideyoshi sur la rive sud de l’Uji. Si l’on ne considère le château de Fushimi que comme le château de la colline à l’est, cette base établie sur la rive opposée disparaît du tableau. Selon la description du site par le Conseil de l’éducation de la préfecture de Kyoto, la construction commença en 1594, les travaux se poursuivirent même après l’effondrement du donjon et d’autres structures lors du séisme de 1596, et le château fut achevé en 1597. Alors que le château de Shigetsu fut transféré sur le mont Kohata après le séisme, à Mukaijima le château fut reconstruit sur la même rive sud. [DXH001]
Le pont Bungo fut construit entre le château de Mukaijima et le château de Fushimi. Il correspond à l’actuel pont Kangetsu. Une réponse de référence, dans laquelle la bibliothèque municipale de Kyoto a rassemblé sources historiques et publications de recherche, explique que les travaux de Mukaijima auraient commencé à l’hiver 1594 ou au printemps de l’année suivante, et que le chantier fut frappé par une inondation en 1595, puis par le séisme. Aménager un château en bord de rivière exigeait non seulement de construire des bâtiments, mais aussi de réparer ce que les crues avaient détruit. [DXH002]
Après la mort de Hideyoshi, Ieyasu fit temporairement du château de Mukaijima sa résidence. L’ensemble associant le château principal sur la rive nord, le château rattaché sur la rive sud et le pont qui les reliait montre que Fushimi était une base politique s’étendant de part et d’autre de la rivière. Des noms de quartiers actuels comme Mukaijima Honmaru-cho sont des indices de son emplacement. On ne peut toutefois pas affirmer catégoriquement qu’« il ne reste rien du site du château ». La description du site par la préfecture note que des divisions parcellaires et des différences de niveau du sol subsistent aux emplacements de l’enceinte principale et de la deuxième enceinte (honmaru et ninomaru), et que des matériaux de murs de pierre ont été détectés lors des fouilles. Cela ne signifie pas que l’on puisse voir les bâtiments du château tels qu’ils étaient dans le quartier résidentiel d’aujourd’hui. [DXH001, DXH002]
Les dégâts du séisme se connaissent par des images postérieures, mais aussi par des traces dans le sol
Les estampes nishiki-e représentant le séisme de 1596 transmettent aux époques ultérieures l’événement qu’a été l’effondrement du château. Par ailleurs, parmi les résultats de fouilles présentés en 2026 par le Musée archéologique de la ville de Kyoto figure une vaste structure de la ville castrale de Fushimi dans laquelle des objets endommagés par la catastrophe avaient été jetés ensemble. Les images représentant l’effondrement des bâtiments et les objets laissés dans le sol lors du déblaiement montrent la même catastrophe sous des angles différents. [DXH004]
Dans les basses terres autour de Fushimi, la liquéfaction et les éruptions de sable provoquées par les séismes ont également été étudiées. Une éruption de sable est un phénomène au cours duquel une couche de sable gorgée d’eau est secouée, si bien que le sable et l’eau jaillissent par des fissures du sol. Sur le site du lit de la rivière Kizu, à Yawata, ces fissures recoupent d’anciens vestiges d’habitations et des fossés, et la date du séisme a été examinée à partir de leur relation chronologique avec les strates et les structures conservées. Il ne s’agit pas de la découverte de l’emplacement du donjon du château de Shigetsu lui-même, mais d’éléments permettant d’étudier, à partir du sol, les secousses subies par le sud du bassin de Kyoto. [DXH005]
Après le séisme, Hideyoshi déplaça le centre du château sur le mont Kohata. Il n’est cependant pas exact non plus de considérer le château du mont Kohata comme un château des Tokugawa entièrement reconstruit à neuf. La description du site par la préfecture explique que, si des bâtiments furent reconstruits et rénovés après les combats de 1600, la structure de base de l’époque Toyotomi fut conservée, comme le montrent les noms des kuruwa — les enceintes d’un château délimitées par des douves, des murs de pierre, etc. — et les murs de pierre subsistants. Le renouvellement des bâtiments du château et la continuité des enceintes créées en entaillant et en remblayant le terrain doivent être examinés séparément. [DXH001]
Les journaux de l’époque consignèrent des dégâts différents pour chaque château
Nishiyama Akihito, qui a étudié les dégâts du séisme à partir des sources historiques, a comparé plusieurs journaux dans un résumé de conférence publié en 2011. Le Tokitsune-kyo ki du noble de cour Yamashina Tokitsune consigne l’effondrement du donjon, et le Gien Jugo Nikki de Gien, moine du temple Daigoji, signale des portes et des bâtiments du palais gravement endommagés ou effondrés. Le Takasuke Sukune Hinamiki de Mibu Takasuke, qui servait à la cour impériale, contient une entrée indiquant que plus de 300 nyobo, c’est-à-dire des dames de service, moururent dans la deuxième enceinte. Plutôt que de ramener le nombre de morts à un seul chiffre définitif, distinguer quel document décrit les dégâts subis par quels lieux et quelles personnes fait apparaître une image concrète de la catastrophe. [DXH028]
Pour le château de Mukaijima, le journal de Gien rapporte que les murs de pierre s’enfoncèrent de plus de deux ken, soit environ 3,6 mètres. Nishiyama y voit une liquéfaction du sol et soutient que le château de la rive sud, alors proche de son achèvement au moment du séisme, subit lui aussi des dommages à son sol. Par ailleurs, quant à la raison pour laquelle tant de dames de service se trouvaient dans le château, il avance la possibilité que davantage de personnes qu’à l’ordinaire s’y soient rassemblées en vue de recevoir les envoyés de paix des Ming. Les dégâts consignés dans les journaux et les interprétations savantes de leurs causes doivent être lus séparément. [DXH028]
Des préparatifs pour recevoir les envoyés en 1596 à l’affrontement armé de 1600
L’aménagement du château de Shigetsu était aussi lié à la diplomatie entourant les invasions de la Corée. Des négociations de paix étaient en cours avec la Chine des Ming, qui avait aidé la Corée dans sa lutte contre l’armée japonaise, et des préparatifs furent faits à Fushimi pour recevoir les envoyés Ming. Cependant, le château s’effondra lors du séisme de 1596. La « Lettre d’investiture de l’empereur Ming à Toyotomi Hideyoshi », conservée au Musée d’histoire d’Osaka, est une lettre d’État envoyée cette année-là par l’empereur Ming à Hideyoshi et présentée lors de l’audience au château d’Osaka. La scène préparée à Fushimi pour recevoir les envoyés et le lieu où la lettre d’État fut effectivement remise doivent être retracés séparément. [R2E012]
Le « sakuho » (investiture) désigne l’octroi, par un empereur chinois, du titre de roi aux souverains des pays voisins. Cette lettre d’État investissait Hideyoshi comme roi du Japon. Une partie seulement des conditions de paix présentées par Hideyoshi avait été transmise à l’autre partie, et il existait un écart entre la paix envisagée par les Ming et les exigences du camp de Hideyoshi. Derrière l’emploi de tuiles à la feuille d’or et la décoration du palais dans la construction du château se trouvait aussi la volonté de recevoir des envoyés étrangers et d’afficher une autorité de souverain. [R2E012]
L’installation d’Ieyasu en 1599 et la tradition de la contemplation de la lune par Hideyoshi
La résidence d’Ieyasu au château de Mukaijima après la mort de Hideyoshi et les récits de contemplation de la lune par Hideyoshi doivent être distingués selon les époques. En 1599, Ieyasu fit du château de Mukaijima sa résidence puis, au troisième mois intercalaire de l’ancien calendrier lunaire, s’installa dans le Nishinomaru (enceinte ouest) du château de Fushimi. Cela se produisit alors qu’il prenait en main le gouvernement après Hideyoshi, mort en 1598. Le Keicho Nenchu Bokusai-ki d’Itasaka Bokusai, médecin personnel d’Ieyasu, rapporte aussi comment Ieyasu rénova le château de Mukaijima et s’y installa. [R3H004, R3H008]
Umehara Kazuhisa, auteur ayant présenté le château de Mukaijima, rapporte dans « L’histoire du château de Mukaijima », publié en 2008, une anecdote selon laquelle, en 1594, Ieyasu invita Hideyoshi à un banquet de contemplation de la lune dans sa propre résidence de Mukaijima, et Hideyoshi, séduit par la lune, fonda le château de Mukaijima. C’est un récit distinct de l’installation d’Ieyasu après la mort de Hideyoshi. Concernant Hideyoshi et la contemplation de la lune à Fushimi, il existe aussi, dans le Toshiie Yawa, un récit selon lequel Hideyoshi et Toshiie échangèrent des plaisanteries dans la résidence de Fushimi de Maeda Toshiie, daimyo de Kaga. La résidence d’Ieyasu à Mukaijima et celle de Toshiie à Fushimi ne peuvent être considérées comme le lieu d’un même banquet. [R3H013, R3H016]
Après la mort de Hideyoshi, le conflit pour savoir qui serait maître du château dégénéra en affrontement armé. Au sixième mois de 1600 selon l’ancien calendrier, Ieyasu partit d’Osaka vers l’est pour attaquer Uesugi Kagekatsu d’Aizu et, en chemin, confia Fushimi à Torii Mototada et à d’autres vassaux. Mototada était un guerrier qui servait Ieyasu depuis longtemps. L’armée de l’Ouest attaqua le château en l’absence d’Ieyasu ; il tomba le premier jour du huitième mois selon l’ancien calendrier, et Mototada et d’autres périrent au combat. Ensuite, le 15e jour du neuvième mois selon l’ancien calendrier, eut lieu la bataille principale de Sekigahara. La bataille du château de Fushimi fut un combat pour une base dans la région du Kamigata, livré avant la bataille principale, et elle n’eut pas lieu à l’endroit où se dresse aujourd’hui le donjon reconstitué. [R2E013]
Suivre la séquence — château de Shigetsu détruit par le séisme, château du mont Kohata reconstruit par Hideyoshi, château du mont Kohata incendié lors de l’attaque de l’armée de l’Ouest — fait apparaître des changements que l’on ne peut regrouper sous la seule formule « l’effondrement et l’incendie du château de Fushimi ». Ce qu’Ieyasu reconstruisit, ce fut le château du mont Kohata après qu’il eut été frappé par les combats. [R2E013]
Pour Ieyasu aussi, Fushimi fut une base de gouvernement importante
En 1600, le château du mont Kohata brûla lors d’une bataille préliminaire de la bataille de Sekigahara. Ieyasu le reconstruisit ensuite et, en 1603, il fut nommé seii taishogun (shogun) au château de Fushimi. L’histoire du château ne s’acheva pas avec la mort de Hideyoshi ; le gouvernement des premiers Tokugawa utilisa lui aussi Fushimi comme base. [3, 60]
L’histoire locale publiée par la ville de Kyoto résume que les fonctions de capitale de Fushimi passèrent à Sunpu, 1606 étant la dernière année. Même après cela, le château de Fushimi resta un château de la famille du shogun. Le deuxième shogun, Tokugawa Hidetada, vint lui aussi à Fushimi accompagné de daimyos et y procéda à des transferts de domaines de daimyos de l’Ouest et à des négociations avec la cour impériale. Pour étudier les résidences des daimyos de la ville castrale, il faut tenir compte non seulement de l’époque de Hideyoshi, mais aussi de la disposition et des changements d’occupants à l’époque Tokugawa. [60]

L’aménagement du territoire et de la ville qui accompagna les transformations du château
Un port, des digues et des îlots urbains furent aussi aménagés pour bâtir le château
La construction du château exigeait d’acheminer de grandes quantités de matériaux. Selon l’histoire générale de la ville de Kyoto, le port de Fushimi fut ouvert en 1594, et les travaux progressèrent pour séparer la rivière Uji de l’étang d’Ogura et pour construire la digue Taiko et la digue de Makishima. Fushimi se trouvait en un point reliant Kyoto, Osaka, Nara et Omi, et pouvait tirer parti à la fois des voies d’eau et des routes terrestres. [1]
Aménager la ville castrale ne consistait pas simplement à élever des bâtiments sur la colline. La terre extraite pour la douve extérieure ouest servit à combler des zones humides basses, et l’on aménagea des routes, des maisons de citadins, des temples et sanctuaires et des résidences de samouraïs. Des daimyos de tout le pays bâtirent des résidences à Fushimi, et des marchands et des artisans s’y rassemblèrent avec eux. Le château, les voies d’eau et le nouvel espace urbain furent créés comme un seul grand projet d’urbanisme. [1]
Otesuji était la route menant à la porte principale du château (Ote-mon), et Kyomachi-dori et Ryogaemachi-dori étaient les centres des quartiers d’habitation des citadins. Des noms comme Setomono-cho, Shioya-cho et Nayamachi conservent aussi la mémoire du commerce. Les trois rues commerçantes d’aujourd’hui sont des lieux fréquentés le long de ces axes, tandis que leurs équipements et leurs boutiques changeaient. Les sections commerçantes actuelles sont présentées dans le guide d’Otesuji, de Nayamachi et de Ryoma-dori. [1, 5, 40, 43]

Le sogamae enfermait ensemble le château, les résidences des daimyos et les quartiers des citadins
Les douves et les levées de terre construites sur le pourtour d’une ville castrale sont appelées sogamae. Ce n’étaient pas des défenses protégeant seulement les abords du donjon, mais la limite extérieure d’une ville comprenant les résidences de samouraïs et les quartiers d’habitation des citadins. À Fushimi, des îlots urbains furent tracés au pied ouest des collines de Momoyama ; les résidences des daimyos puissants furent regroupées autour du château, les quartiers des citadins furent centrés sur Kyomachi-dori et Ryogaemachi-dori, et des temples et sanctuaires furent placés plus à l’ouest. Entre le port au bord de l’eau et le château sur la colline s’ordonnaient des lieux aux rôles différents. [DXH003]
Des documents de conférence de l’Institut de recherche archéologique de la ville de Kyoto présentant des fouilles près de Momoyama-cho Masamune décrivent une différence de niveau du sol issue du sogamae et une levée de terre dont la base aurait mesuré environ 18 mètres de large. Dans les environs, on a également trouvé des chaussées et des fossés latéraux associés à la route Date Kaido, des vestiges de résidences, des tuiles à la feuille d’or, des objets en fer, des balles et du riz cuit carbonisé. Non seulement les tuiles qui ornaient les toits, mais aussi les objets liés aux déplacements et aux repas montrent l’activité des habitants de la ville castrale. [DXH003]
Kyomachi et Ryogaemachi : des routes menant au château devenues un axe commercial nord–sud
Le plan urbain de Fushimi changea d’orientation selon les étapes de la construction du château. Matsuo Nobuhiro, du Musée d’histoire d’Osaka, qui a étudié la structure des villes castrales, soutient qu’à la première période, un quartier se forma autour d’Uoya-cho, d’Osaka-machi et d’Aburakake-cho, le long de la route allant vers l’ouest de la résidence de Shigetsu jusqu’au port, et que plus tard, avec la construction du sogamae en 1594, des quartiers de citadins s’étirant longuement du nord au sud furent créés le long de Kyomachi-dori et de Ryogaemachi-dori. [R2E004]
Les quartiers situés le long de routes menant vers le château sont appelés tatemachi, et ceux situés le long de routes passant en travers de la façade du château sont appelés yokomachi. Cette distinction repose sur la direction de la route par rapport au château, et non sur le fait que le nord se trouve en haut de la carte. À Fushimi, les routes terrestres venant des directions d’Uji et de Nara convergeaient à l’extrémité sud de la ville castrale, et le trafic se dirigeant au nord vers Kyoto traversait la ville dans le sens de la longueur. On pense que la disposition dans laquelle boutiques et maisons de citadins ouvraient leur façade sur les routes nord–sud répondait à ce trafic. [R2E004]
Du côté des résidences de samouraïs également, Matsuo déduit que lorsque le château passa de Shigetsu au mont Kohata en 1596, la direction dans laquelle on montait au château passa du sud à l’est. Le changement d’emplacement du château impliqua non seulement la reconstruction du donjon, mais aussi l’orientation selon laquelle étaient utilisées les portes des résidences et les routes. Les tracés des rues actuelles superposent des conceptions de plusieurs étapes, et une seule carte illustrée de la ville castrale ne peut être considérée comme montrant son aspect à toutes les époques. [R2E004]
Des remblais de plus de 2 mètres créèrent des terrains plats pour les résidences des daimyos
Sur le versant ouest de Momoyama, le sol du côté est, plus élevé, fut entaillé et la terre fut accumulée du côté ouest, plus bas, afin de dégager des surfaces planes pour bâtir des résidences. Okui Tomoko, qui a étudié les biens culturels enfouis de la ville de Kyoto, a confirmé lors d’une fouille de 2015 sur le site présumé de la résidence Maeda une terre de remblai de plus de 2 mètres d’épaisseur. Elle a aussi réexaminé les rapports de petites fouilles menées au nord et montré que des dépôts de 1,1 à 2,7 mètres peuvent eux aussi être considérés comme de la terre de remblai. [R2E009]
Les murs de pierre soutenant la terre accumulée, les fossés marquant les limites entre résidences et routes, et les espaces permettant d’entrer par les portes rendaient utilisable la ville en pente. À partir de la position des fossés et des murs de pierre le long de la Date Kaido, Okui estime la largeur de la route de l’époque à environ 12 mètres. Ce n’est pas un chiffre obtenu en mesurant la largeur de la chaussée actuelle, mais une reconstitution combinant des vestiges de plusieurs emplacements. [R2E009]
Les daimyos fournissaient main-d’œuvre et matériaux pour ces travaux. Un document daté du 18e jour du premier mois de 1594, présenté par le musée de la ville d’Ueda, est une lettre cosignée par les magistrats des travaux des Toyotomi, adressée à Sanada Masayuki, Nobuyuki et Yukimura. Que les travaux aient été répartis entre les daimyos de tout le pays se vérifie non seulement par la splendeur du château achevé, mais aussi par des ordres écrits concrets. [R2E011]
Les digues de Hideyoshi modifièrent le cours de la rivière et la route de Nara
L’étang d’Ogura (Ogura-ike), qui s’étendait au sud du château de Fushimi, était un lac peu profond où se rassemblaient les eaux de l’Uji et d’autres rivières. Les environs étaient sujets aux inondations lors des fortes pluies, et l’aménagement de la ville castrale exigeait à la fois de faire entrer les bateaux dans le port et de se prémunir contre les crues dans les basses terres. Hideyoshi fit construire des digues autour de l’étang et détourna l’Uji vers le côté de Fushimi. La colline où se dressait le château et le bord de l’eau en contrebas furent reliés d’une manière nouvelle par des travaux fluviaux. [90][56]
Les digues servaient non seulement à retenir l’eau, mais aussi de routes pour les personnes et les marchandises. La construction de la digue Taiko et de la digue de Makishima était aussi liée à la grande route reliant Fushimi à Uji et à Nara. L’explication du musée de l’écluse de Misu mentionne entre autres les digues d’Uji, Taiko, Makishima, Kamishima, Shimoshima et Mukaijima. En combinant des digues le long de la rivière et des routes sur digue traversant l’étang, on créa une ville où l’on pouvait entrer et d’où l’on pouvait sortir aussi bien par les voies d’eau que par les routes terrestres. [90][1]

Les travaux de Hideyoshi ne mirent cependant pas fin aux inondations. En outre, la séparation de la rivière Uji et de l’étang d’Ogura à cette époque, la fermeture réalisée lors des travaux d’aménagement fluvial de l’ère Meiji et l’assèchement de l’ère Showa ne sont pas les mêmes travaux. La position des digues et les liaisons entre la rivière et l’étang continuèrent d’être modifiées par la suite. L’eau de Fushimi et la maîtrise des crues explique ces différences dans l’ordre chronologique. [90]
L’actuelle écluse de Misu n’est pas non plus une installation construite par Hideyoshi. C’est une installation de l’ère Showa, dans l’arrondissement de Fushimi à Kyoto, qui permettait aux bateaux de circuler entre le canal Horikawa et la rivière Uji, dont les niveaux d’eau diffèrent. Environ 330 ans après l’aménagement du port et des digues par Hideyoshi, lorsque les levées furent reconstruites pour se protéger des crues, il fallait encore maintenir un passage pour les bateaux. Cette solution moderne fut l’écluse de Misu, achevée en 1929. [32]
Dans le Fushimi des premiers Tokugawa : monnayage, architecture, diplomatie et édition
Le Ginza de Fushimi rassemblait l’argent, en normalisait le titre et y apposait des poinçons
En 1601, Ieyasu établit un ginza (atelier monétaire d’argent) à Fushimi et fit produire l’argent Keicho par Yuasa Sakubei, Daikoku Joze, qui avait été affineur d’argent à Sakai. Les affineurs d’argent étaient des artisans qui affinaient l’argent et le transformaient en monnaies. Sous Hideyoshi déjà existait le Joze-za, qui réunissait à Osaka des affineurs d’argent de Sakai et de Kyoto, et Ieyasu reprit cette organisation et ses techniques pour émettre sa propre monnaie. L’atelier monétaire de Fushimi n’était pas une installation qui aurait inventé une technique nouvelle à partir de rien. [R2E002]
Le chogin Keicho avait une teneur en argent normalisée à 80 pour cent ; pour en garantir la qualité, ses fabricants y apposaient des poinçons tels qu’une image de Daikoku et les caractères « Joze » et « takara » (trésor). Le chogin était une monnaie d’argent en forme de concombre de mer ; c’était une monnaie pesée, dont le paiement se calculait en pesant plutôt qu’en comptant chaque pièce comme un montant fixe. Pour les petits paiements, on utilisait de petites pièces appelées mameitagin. Grâce à un titre fixe et à un poinçon digne de confiance, on pouvait alléger la charge d’évaluer minutieusement, à chaque fois, de l’argent aux formes et aux poids différents. [R2E003]
À l’époque, l’argent se comptait en unités distinctes de kan, monme et fun, l’or en ryo, bu et shu, et les pièces de cuivre en kan et mon. Le change des pièces d’or, d’argent et de cuivre exigeait la capacité d’évaluer chaque monnaie et la connaissance des taux de change. Les paiements dans tout le pays n’étaient pas unifiés en une seule unité en 1601, lorsque l’atelier monétaire fut établi, et à la première période, les seules monnaies d’or et d’argent du shogunat ne pouvaient répondre à la demande dans tout le pays. [R2E002]
À Fushimi, le bureau (kaisho) de l’atelier monétaire et des résidences officielles occupaient quatre îlots ; en 1608, ils déménagèrent à Kyoto, sur Ryogaemachi-dori, entre Nijo et Sanjo. L’actuelle stèle marquant le site du Ginza de Fushimi fut érigée en 1970 et déplacée en 1980 à son emplacement actuel, environ 100 mètres plus au nord. Le point précis où se dresse la stèle ne peut être lu comme l’emplacement exact de l’atelier de l’époque, mais la stèle rappelle que la production et le contrôle de la monnaie, ainsi que la gestion de ce travail, se faisaient dans la ville de Fushimi. [R2E001]

À Fushimi, une architecture qui reliait la famille du shogun et la cour impériale
Les liens entre le gouvernement des premiers Tokugawa et Fushimi ne se limitent pas à la nomination au shogunat. Yoshinao, Yorinobu et Yorifusa, qui fondèrent plus tard les trois branches principales de la famille Tokugawa (Gosanke) d’Owari, de Kii et de Mito, étaient tous fils d’Ieyasu et naquirent tous à Fushimi. Une chronique historique de la ville de Kyoto explique que le nom d’enfance de Yoshinao, Gorota, subsiste dans un nom de quartier de Fukakusa Okamedani, et que Yorinobu et Yorifusa ont laissé leur nom par des dons de bâtiments au sanctuaire Gokonomiya. Fushimi était un lieu où séjournait le shogun, et aussi un lieu où sa famille et les daimyos s’occupaient de bâtiments et de terrains. [DXH006]
Le pavillon principal du sanctuaire Gokonomiya est un bâtiment de 1605. C’est un grand édifice de sanctuaire de cinq travées dans le style nagare-zukuri, construit sur ordre du shogunat par le Kyoto Shoshidai, qui se distingue par ses sculptures et sa polychromie éclatante. C’est un chantier du gouvernement des premiers Tokugawa que l’on peut voir concrètement à Fushimi aujourd’hui. En revanche, la porte d’entrée, que l’on dit avoir été déplacée depuis la porte principale du château de Fushimi, est présentée, même dans la notice du bien culturel, comme en provenant « selon la tradition ». Connaître l’année de construction du pavillon principal et connaître la tradition sur l’emplacement d’origine de la porte d’entrée, un bâtiment distinct, ne relèvent pas du même type de preuve. [DXH015]
Aussi un lieu de négociations pour rétablir les relations après les invasions de la Corée
Hideyoshi envoya des troupes en Corée en 1592 et en 1597. Ces guerres, connues sous le nom de campagnes de Bunroku et de Keicho, infligèrent de grands torts à la population coréenne, et le retour des personnes emmenées au Japon pendant la guerre devint aussi un enjeu des négociations d’après-guerre. Le château de Fushimi fut un lieu impliqué à la fois dans la politique intérieure, comme l’aménagement de la ville castrale, et dans la guerre et la diplomatie outre-mer. [DXH029]
Au troisième mois de 1605, Ieyasu rencontra au château de Fushimi le moine coréen Songun Daesa Yujeong. Yujeong était venu au Japon pour s’informer de la situation du côté japonais, et il participa aussi au rapatriement des personnes capturées et emmenées au Japon. Ieyasu exprima son intention de rétablir les relations diplomatiques et sa coopération au rapatriement. Les négociations sur les conditions se poursuivirent ensuite, et en 1607 furent envoyés les kaito-ken-sakkanshi (envoyés de réponse et de rapatriement). Ce nom renvoie à « kaito », répondre à la lettre d’État du côté japonais, et à « sakkan », ramener dans leur patrie les personnes emmenées au Japon. [DXH029]
Au vu de ce déroulement, on ne peut supposer qu’une seule rencontre en 1605 ait résolu toutes les questions des relations diplomatiques. L’ouverture des négociations au château de Fushimi, l’arrivée officielle des envoyés au Japon et le rapatriement des personnes souhaitant rentrer chez elles exigèrent chacun un travail et une coordination concrets. À côté de la nomination du shogun et des résidences des daimyos, le travail gouvernemental de reconstruction des relations avec les autres pays fut aussi une tâche assumée par le château de Fushimi. [DXH029]
L’Enkoji et les éditions de Fushimi transformèrent en livres les savoirs nécessaires au gouvernement
Ieyasu encouragea aussi la publication de livres à Fushimi. Les ouvrages imprimés en caractères mobiles de bois entre 1599 et 1606 sont appelés Fushimi-ban (éditions de Fushimi). Les caractères mobiles de bois sont un outil dans lequel des caractères en bois, gravés un à un, sont assemblés pour composer une surface d’impression. Comme les mêmes caractères peuvent être réarrangés et réutilisés pour d’autres pages, le processus de fabrication diffère de la méthode consistant à graver chaque page d’un livre sur une seule planche de bois. [R2E005]
Le moine zen Kanshitsu Genkitsu participa à ce projet. Genkitsu étudia à l’école d’Ashikaga, en devint plus tard le shoshu, l’équivalent de son directeur, et, comme proche conseiller d’Ieyasu, s’occupa de l’administration des temples et sanctuaires et de la rédaction de documents diplomatiques. En 1601, sur ordre d’Ieyasu, il fonda à Fushimi le temple Enkoji, qui jouait le rôle d’une école, et à l’aide des caractères de bois qui lui avaient été donnés, il publia des ouvrages comme le Koshi Kego (Propos de l’école de Confucius), le Sanryaku (Les Trois Stratégies) et le Jogan Seiyo (L’Essentiel du gouvernement de l’ère Zhenguan). Furent choisis des classiques chinois permettant d’apprendre l’éthique et l’érudition, les affaires militaires et la bonne conduite du gouvernement. [R2E010]
L’Enkoji conserve 52 320 caractères mobiles en bois, dont les signes sont gravés dans du bois de cerisier, désignés comme bien culturel important. Ils comprennent des caractères pour le texte principal, pour le warichu (petites notes insérées dans le texte principal), pour les katakana, pour les symboles, etc. ; la plupart sont des pièces ayant servi à imprimer les éditions de Fushimi, et l’ensemble comprend aussi des pièces gravées plus tard en complément. Le nombre de caractères traduit l’ampleur du travail d’édition, mais toutes les pièces conservées n’ont pas été fabriquées en même temps, en 1601. [R2E010]
Le Shinkan Azuma Kagami du troisième mois de 1605 est un ouvrage où ces résultats se voient concrètement. C’est une édition en 26 volumes de l’Azuma Kagami, qui consigne les actes du shogunat de Kamakura, publiée en prenant pour textes de base l’exemplaire personnel d’Ieyasu et un exemplaire ayant appartenu au clan Hojo d’Odawara ; l’exposition des Archives nationales du Japon en présente une page relatant la chasse du Fuji de 1193. Ce projet fit d’un livre permettant de lire les précédents du gouvernement guerrier, jusque-là disponible en copies manuscrites réservées à leurs propriétaires, un imprimé utilisable par plusieurs lecteurs. [R2E006]
Des artisans qui frappaient les monnaies d’argent de marques indiquant leur qualité, des artisans qui gravaient et composaient les caractères des livres, et des moines et lettrés qui lisaient et interprétaient les classiques chinois et les anciennes chroniques se rassemblèrent dans le Fushimi du gouvernement des premiers Tokugawa. Le gouvernement exercé depuis le château reposait non seulement sur les ordres adressés aux daimyos et sur les cérémonies, mais aussi sur le travail de production d’une monnaie capable de circuler et de livres pouvant être consultés. [R2E002, R2E006, R2E010]

Les transformations du château et des résidences confirmées par les vestiges du sous-sol
Les murs de pierre mis au jour montrent la différence entre le château de Shigetsu et les résidences ultérieures
En 2021, une fouille devant la gare JR de Momoyama a mis au jour la fondation d’un mur de pierre que l’on pense appartenir au château de Fushimi à Shigetsu. Il avait été construit en creusant une tranchée dans le sol, en posant les pierres de fondation (neishi) qui soutiennent la partie la plus basse du mur, en tassant de petites pierres derrière elles et en damant la terre devant. La partie supérieure du mur ne subsiste pas, et la méthode de construction est étudiée à partir de la fondation conservée dans le sol. [61]
La même fouille a également confirmé des murs de pierre délimitant des résidences de daimyos ultérieures. Les deux murs de pierre sont orientés différemment, et le mur de la résidence a été construit d’une manière qui a détruit une partie de la fondation plus ancienne. Ce chevauchement montre qu’ils n’ont pas été construits en même temps. On pense qu’après le séisme, lorsque le château passa au mont Kohata, l’usage du terrain et le plan de la ville changèrent aussi du côté de Shigetsu. [61]
Cette découverte a aussi suggéré que l’étendue du château de Shigetsu pourrait avoir atteint des zones plus au nord qu’on ne l’estimait jusque-là. En revanche, des aspects comme la disposition du donjon et des portes restent incertains. Lorsqu’on dessine l’enceinte du château sur une carte actuelle, on ne peut considérer comme également certaines les parties confirmées par les fouilles et les propositions de reconstitution. Le fait que les vestiges aient été mis au jour devant la gare n’indique pas non plus qu’ils soient exposés au public de façon permanente. [61]
Les tuiles à emblème familial, un autre indice pour étudier les résidences des daimyos
Les résidences des daimyos s’étudient non seulement à partir des toponymes et des cartes illustrées, mais aussi des tuiles de toit mises au jour. Une présentation de 2026 de l’Institut de recherche archéologique de la ville de Kyoto montre des tuiles à la feuille d’or à motif de prunier trouvées près du site présumé de la résidence de la famille Maeda, des tuiles à motif d’éventail provenant d’un site considéré comme la résidence de la famille Satake, et des tuiles à la feuille d’or à motifs d’oiseau et de bambou découvertes à Momoyama-cho Masamune. [62]
On pense que les tuiles à l’oiseau et au bambou de Momoyama-cho Masamune sont une combinaison simplifiée de l’emblème des Date, « moineaux dans le bambou ». Les motifs des tuiles, les lieux où elles ont été mises au jour et les documents consignant la disposition des résidences sont comparés entre eux pour déterminer à quelle famille appartenait un bâtiment. Le propriétaire d’une résidence n’est pas déterminé du seul fait que les kanji d’un nom de quartier ressemblent au nom d’une personne. [62]
Les tuiles à la feuille d’or n’étaient pas utilisées seulement sur les donjons ; on en a aussi mis au jour dans des résidences de daimyos. Autour du château de Fushimi s’étendait une ville castrale où chaque daimyo affichait l’emblème de sa famille jusque dans la décoration des toits. [62]
Du siège d’Osaka à l’abandon : le rôle changeant du château de Fushimi
Le château de Fushimi lors de la campagne d’hiver de 1614 et de la campagne d’été de 1615
Le siège d’Osaka comprit deux campagnes : la campagne d’hiver de 1614 et la campagne d’été de l’année suivante, 1615. Lors de la campagne d’hiver, le deuxième shogun, Tokugawa Hidetada, arriva à Fushimi le 10e jour du 11e mois de 1614 selon l’ancien calendrier et partit de Fushimi le 15 du même mois. Ieyasu partit de Kyoto. Une directive cosignée par les conseillers principaux du shogunat (toshiyori), datée du 10e jour du 11e mois et conservée aux Archives préfectorales de Yamaguchi, est un document pressant le daimyo Mori Hidenari de déployer ses troupes. Fushimi était la base où entrait le shogun avant de faire avancer son armée, et elle était aussi liée aux démarches politiques ordonnant aux daimyos des diverses régions de mobiliser leurs troupes. [R3H003, DXH003]
Même après la destruction du clan Toyotomi lors de la campagne d’été, des cérémonies destinées à gouverner les daimyos se tinrent au château de Fushimi. Le 7e jour du 7e mois de 1615 selon l’ancien calendrier, lors d’une assemblée des daimyos, furent lus à haute voix les treize articles du Buke Shohatto (Lois pour les maisons militaires), promulgués au nom de Hidetada. Ils furent rédigés et lus par le moine zen Ishin Suden, au service d’Ieyasu. Le château de Fushimi était passé du rôle de base de départ pour la guerre à celui de lieu où étaient présentées les règles que devaient observer les maisons guerrières de l’après-guerre. [R3H015]
Après l’abandon du château en 1623, les collines et la ville portuaire suivirent des voies différentes
Lorsque le clan Toyotomi fut détruit lors du siège d’Osaka et que la nécessité militaire du château diminua, le rôle du château de Fushimi changea aussi. Le château fut abandonné après que le troisième shogun, Tokugawa Iemitsu, y eut reçu en 1623 sa nomination de shogun, la dernière à y avoir lieu, et vers cette époque ses bâtiments et éléments de construction furent déplacés en divers lieux. Les pêchers plantés sur l’ancien site du château dans les collines sont à l’origine du toponyme « Momoyama ». [3, 60]
Cependant, le besoin d’assurer le relais des personnes et des marchandises entre Kyoto et Osaka demeura. Le port et les routes aménagés pour le château continuèrent de faire vivre une ville qui accueillait passagers des bateaux, marchands et voyageurs de passage pour la nuit. L’administration ultérieure par des magistrats, le commerce du port et le développement de Chushojima sont expliqués en détail dans Fushimi et Chushojima à l’époque d’Edo. [2]
Références
- Ville de Kyoto : Histoire urbaine 20, le château de Fushimi
- Leaflet Kyoto n° 448 : les tuiles à emblème familial de la ville castrale de Fushimi
- Leaflet Kyoto n° 261 : reconstituer le château de Shigetsu à Fushimi
- Leaflet Kyoto n° 402 : le château du Taiko et ses murs de pierre
- Ville de Kyoto : la ville castrale fondée par Hideyoshi
- Kyoto Kanko Navi : rue commerçante Fushimi Otesuji
- Association de promotion de la rue commerçante de Nayamachi : à propos de la rue commerçante de Nayamachi
- Kyoto Kanko Navi : Association de promotion de la rue commerçante de Ryoma-dori
- Partie 3 : le château de Fushimi des Tokugawa
- Ville de Kyoto : circuit des sites historiques et lieux célèbres pour les habitants de l’arrondissement de Fushimi
- Ville de Kyoto : la prospérité d’une ville portuaire et commerçante
- Fushimi Momoyama Goten Goshiro no Ezu (copie de 1881, collection de la Bibliothèque nationale de la Diète)
-
Tsukioka Yoshitoshi, Fushimi Daijishin Momoyama Goten-zu (1885)
- DXH001 Conseil de l’éducation de la préfecture de Kyoto : site du château de Fushimi, site du château de Shigetsu et site du château de Mukaijima
- DXH002 Bibliothèque municipale de Kyoto : guide des documents sur le château de Mukaijima (Collaborative Reference Database)
- DXH004 Musée archéologique de la ville de Kyoto : le séisme de Keicho-Fushimi et le château de Fushimi (mis à jour le 2026-10-22)
- DXH005 Informations sur les biens culturels enfouis de la préfecture de Kyoto n° 110 : traces de séismes
- DXH003 Institut de recherche archéologique de la ville de Kyoto : documents de la 248e conférence sur les biens culturels
- DXH006 Ville de Kyoto : partie 3, le château de Fushimi des Tokugawa
- DXH015 Base de données du patrimoine culturel : pavillon principal du sanctuaire Gokonomiya
- DXH028 Nishiyama Akihito (2011), Les dégâts dans le bassin de Kyoto lors du séisme de Fushimi de l’an 5 de Bunroku
- DXH029 Higashi Honganji : catalogue d’exposition sur les ambassades coréennes (Chosen Tsushinshi) (2014)
- R2E004 : Matsuo Nobuhiro (2015), Les villes castrales de Fushimi et d’Osaka à l’époque Toyotomi
- R2E009 : Okui Tomoko (2020), Sur les travaux de génie civil de la ville castrale de Fushimi
- R2E011 : Musée de la ville d’Ueda : la construction du château de Fushimi
- R2E012 : Musée d’histoire d’Osaka : lettre d’investiture de l’empereur Ming à Toyotomi Hideyoshi
- R2E013 : Fédération du tourisme de la préfecture de Kyoto : sur les traces d’Ieyasu, partie 3
- R2E001 : Ville de Kyoto : site du Ginza de Fushimi, HU041
- R2E002 : Kobayashi Nobuto (2017), Recherche fondamentale sur l’histoire monétaire du Japon prémoderne et moderne (Musée de la monnaie de la Banque du Japon)
- R2E003 : Musée de la monnaie de la Banque du Japon (2010), Le chogin choisi par Ieyasu
- R2E005 : Archives nationales du Japon : les entreprises éditoriales d’Ieyasu
- R2E006 : Archives nationales du Japon : Shinkan Azuma Kagami
- R3H008 : Naito Akira, Ono Koji et Takahashi Hiroyuki (1971), Le château de Fushimi (I)
- R3H013 : Yuhisai Kodokan : Sagano Bunka Tsushin n° 68, « L’histoire du château de Mukaijima » (2008)
- R3H016 : Bibliothèque préfectorale d’Ishikawa SHOSHO : la résidence de Fushimi de Maeda Toshiie (Toshiie Yawa)
- R3H003 : Archives préfectorales de Yamaguchi : l’avènement d’une ère de paix — 400 ans depuis la fin du siège d’Osaka (2015)
- R3H015 : Archives nationales du Japon : Ofuregaki (collection Kanpo) et le Buke Shohatto