Topics AND Journal
Pourquoi le toponyme « Momoyama » est-il apparu ? L’abandon du château de Fushimi et la plantation de pêchers
2026.10.19
Les charmes de Fushimi-MomoyamaSommaire
Après l’abandon du château en 1623, le paysage de son site a donné naissance au nom « Momoyama »L’année de l’abolition du château et les années du transfert de ses bâtiments ne coïncident pas nécessairementLes pêchers offraient à la fois un spectacle de floraison et une production qui faisait vivre la populationUn journal de 1674 et un guide de 1711 consignent ce qu’était réellement la contemplation des fleursDes cultivateurs défrichant le site du château à une zone de production expédiant des fleursAutour de la colline des pêchers, on pratiquait aussi des cultures de plein champDistinguer sur la carte Shigetsu, le Kohatayama, le mausolée impérial et le donjon reconstituéNoms de daimyos, noms de métiers et nom du pêcher subsistent dans la ville d’aujourd’huiLe nom Momoyama subsiste aussi dans trois gares, portes d’entrée du quartierParcourez les collines à l’est des gares, et visitez la rue commerçante et le quartier des brasseries de saké à l’ouestLes activités de plantation de pêchers relient l’origine du nom au présentRéférences« Momoyama » est un toponyme né des pêchers plantés sur le site du château après le démantèlement du château de Fushimi. Il ne s’agit pas d’une colline déjà appelée « Momoyama » avant que Toyotomi Hideyoshi ne bâtisse son château, et sur laquelle le château de Fushimi aurait ensuite été construit. Le nom s’est transmis jusqu’aux noms de quartiers et de gares d’aujourd’hui, à travers une époque où le château était un centre politique, une époque où son site devint un lieu célèbre pour ses pêchers, et une époque où furent aménagés un mausolée impérial et des quartiers résidentiels. [3]
Dans le Fushimi-Momoyama d’aujourd’hui, vous pouvez rejoindre à pied les rues commerçantes, le sanctuaire Gokogu, le quartier des brasseries de saké et les collines situées à l’est, en choisissant parmi trois lignes ferroviaires : Keihan, Kintetsu et JR. Si vous suivez sur une carte les toponymes contenant « Momoyama », vous constatez que l’emplacement du château, le centre commerçant et les accès ferroviaires se trouvent chacun à des endroits différents. Examinons l’origine du nom en même temps que l’emplacement des lieux de la ville que l’on peut visiter aujourd’hui.

Après l’abandon du château en 1623, le paysage de son site a donné naissance au nom « Momoyama »
Le château de Fushimi naquit en 1592 sous la forme d’une résidence que Hideyoshi fit construire sur la colline de Shigetsu, qui domine la rivière Uji. Agrandie par la suite en château, elle s’effondra lors d’un séisme en 1596, et le château fut transféré sur le Kohatayama, au nord-est. Après la mort de Hideyoshi, le château brûla lors des combats de 1600, et Ieyasu le reconstruisit. Le château de Fushimi de Hideyoshi et celui de Ieyasu ne furent pas un seul et même château ayant perduré au même emplacement et avec les mêmes bâtiments. [3]
En 1603, Ieyasu fut nommé Seii Taishogun (shogun) au château de Fushimi. Toutefois, après l’anéantissement du clan Toyotomi lors des sièges d’Osaka et la mise en service du château de Nijo à Kyoto, l’utilité d’entretenir un grand château à Fushimi diminua. Le château fut abandonné en 1623 et, vers cette époque, ses bâtiments et ses matériaux de construction furent transférés vers des châteaux, des temples et des sanctuaires de diverses régions. Des pêchers furent plantés sur toute l’étendue de l’ancien site, et un nom signifiant « colline aux pêchers » s’imposa peu à peu. Le toponyme actuel transmet non seulement l’aspect du château à son apogée, mais aussi l’usage qui fut fait de ces terres après la disparition du château. [3]
Les transformations survenues entre la construction du château et son abandon sont présentées en détail dans L’histoire de Fushimi : de l’époque Azuchi-Momoyama au début de l’époque d’Edo. Ce que nous souhaitons souligner ici, c’est l’ordre des événements : ce n’est pas « parce que le château de Fushimi s’y dressait que le quartier fut appelé Momoyama » ; c’est le paysage de pêchers postérieur à l’abandon du château qui a donné naissance au toponyme.

L’année de l’abolition du château et les années du transfert de ses bâtiments ne coïncident pas nécessairement
1623 fut l’année de la dernière grande cérémonie du château, l’investiture d’Iemitsu comme shogun. Par ailleurs, la tourelle Fushimi Yagura et la porte Sujigane Gomon, dans la ville de Fukuyama (préfecture de Hiroshima), sont des bâtiments que Tokugawa Hidetada octroya en 1622 pour la construction du château de Fukuyama. La décision de cesser d’utiliser le château, le transfert de ses bâtiments, ainsi que la dernière cérémonie et la démolition ne sont pas des événements survenus tous le même jour. Si on les réduit à une séquence unique du type « transférés après l’abandon du château en 1623 », on ne peut plus expliquer les bâtiments déplacés avant cette date. [DXH014]
Lors du démontage et de la restauration de la Fushimi Yagura en 1954, des caractères désignant la tourelle est de l’enceinte Matsunomaru du château de Fushimi furent découverts sur une poutre, ce qui étaye la tradition de son transfert. Une yagura est un bâtiment servant à la défense d’un château, au stockage de marchandises et à des usages similaires. Cette tourelle à trois niveaux conserve une structure de style boro (tour de guet), avec un petit troisième niveau posé sur un premier et un deuxième niveau de même surface. Même si aucun bâtiment ne subsiste sur la colline de Fushimi, une partie de cette histoire peut être vérifiée à partir de la structure et des matériaux des bâtiments sur leurs sites de transfert. [DXH014, DXH027]
Cependant, toutes les traditions transmises en divers lieux à propos d’un bâtiment « provenant du château de Fushimi » n’ont pas été étayées de la même manière. Même dans les descriptions de biens culturels, la porte d’entrée du sanctuaire Gokogu est un bâtiment qui « aurait été » transféré depuis l’Otemon, la porte principale du château de Fushimi. Ce qui a été vérifié diffère entre la Fushimi Yagura, dont les inscriptions étayent le transfert, et les bâtiments dont l’histoire se transmet sur la base des traditions de temples ou de sanctuaires. [DXH015]
Les pêchers offraient à la fois un spectacle de floraison et une production qui faisait vivre la population
Le lien entre le site du château et les pêchers apparaît aussi dans le guide des lieux célèbres de l’époque d’Edo, le Miyako Meisho Zue. L’entrée « Shiroyama » de l’édition de 1786 contient une description du site du château et un vers sur les fleurs de pêcher, ce qui montre que la colline où le château avait disparu était présentée comme un lieu où admirer les fleurs. La page présentée est une source historique qui permet de confirmer le nom et le paysage du lieu à travers les écrits de l’époque. [66]

Les pêchers n’étaient pas cultivés uniquement pour qu’on admire leurs fleurs. Selon la présentation du groupe local « Momoyama Project » faite par la ville de Kyoto, Momoyama produisait autrefois des fruits à consommer, des noyaux à usage médicinal et des fleurs coupées à usage ornemental. D’un même arbre, on tirait à la fois de quoi manger et des fleurs pour décorer. Le toponyme Momoyama renferme non seulement le souvenir d’un célèbre lieu de contemplation des fleurs, mais aussi le travail de culture et d’utilisation des pêchers. [78]
Toutefois, l’identité de ceux qui plantèrent les premiers arbres, l’étendue précise de la plantation et le nombre d’arbres à chaque époque ne peuvent être déterminés ni à partir des explications sur l’origine du toponyme, ni à partir de cette seule page. Si l’on lit le Miyako Meisho Zue comme une source montrant la perception des lieux célèbres à la fin de l’époque d’Edo, et les cartes comme des sources montrant les rues et les noms de quartiers, on peut retracer concrètement ce que chacune de ces sources révèle.
Un journal de 1674 et un guide de 1711 consignent ce qu’était réellement la contemplation des fleurs
L’un des premiers récits d’une visite pour admirer les fleurs de pêcher figure dans le journal du prince-abbé Gyojo (Gyojo Hosshinno), monzeki (abbé impérial) du temple Myohoin. Il y rapporte que, le 13e jour du troisième mois de l’ancien calendrier lunaire de 1674, ayant appris que les pêchers de Fushimi étaient en pleine floraison, il alla les voir accompagné de plusieurs personnes. Environ un demi-siècle après la dernière cérémonie du château, il y avait dans la capitale des gens qui, ayant entendu parler de la floraison, partaient pour Fushimi. [R2E008]
Kaibara Ekiken, lettré confucéen également spécialiste de l’étude des plantes médicinales (honzogaku), loua les fleurs de pêcher de Fushimi dans son guide de Kyoto, le Keijo Shoran, publié en 1711, en les comparant aux cerisiers en fleurs de Yoshino, et affirma qu’il valait mieux les contempler de loin, depuis les environs de Takeda. Cela montre qu’outre la contemplation des fleurs sous les arbres, on aimait aussi regarder depuis l’ouest les fleurs qui couvraient le pied des collines. Le même ouvrage décrit successivement l’emplacement du donjon au sommet de la colline et les nombreux pêchers au pied de celle-ci, traitant les ruines du château et les vergers de pêchers comme un seul et même paysage. [R2E008]
Momoyama fut aussi décrit dans le Fushimi Kagami, un guide de l’ère An’ei, vers 1772–1780. Une présentation de l’exemplaire conservé dans les archives de Gekkeikan explique que les fleurs s’étendaient, à l’est de la ville de Fushimi, sur un peu plus de dix cho du nord au sud et sur trois ou quatre cho à cinq ou six cho d’est en ouest. Toutefois, l’expression « plusieurs centaines de millions d’arbres » est une exagération exprimant la splendeur du spectacle, et non un nombre d’arbres plantés issu d’un relevé. Il s’agit d’un guide des lieux célèbres, dont l’objet diffère de celui des registres de parcelles ou de culture arbre par arbre. [R2E016]
Les pêchers du pays natal dans la poésie kanshi
Au 18e siècle, Ryu Soro, poète de kanshi (poésie de style chinois) originaire de Fushimi, se rendit en bateau vers Fushimi et écrivit un poème sur les pêchers en fleurs à l’ouest de l’ancien château. Dans cette œuvre, il superposa la Source des fleurs de pêcher, monde idéal décrit par le poète chinois Tao Yuanming, aux rives et aux vergers de pêchers de sa ville natale. Pour Soro, qui servait comme lettré confucéen auprès du domaine de Hikone, Fushimi était aussi la ville natale qu’il avait quittée enfant, en y laissant sa mère. Ce célèbre lieu de floraison devint également un sujet à travers lequel ceux qui vivaient loin songeaient au retour au pays. [R2E008]
La comparaison avec la Source des fleurs de pêcher est une expression littéraire, mais le poème met en scène des lieux concrets : les bateaux arrivant d’Osaka, le port, les maisons et les fleurs à l’ouest de l’ancien château. Ce qui était chéri comme célèbre lieu de contemplation des fleurs n’était pas un jardin fleuri isolé sur le site du château, mais les vergers de pêchers au pied des collines, voisins de la vie quotidienne de la ville portuaire. [R2E008]
Des cultivateurs défrichant le site du château à une zone de production expédiant des fleurs
Au sujet de ceux qui plantèrent les pêchers, une tradition locale veut qu’une famille du clan Nishino, samouraïs originaires de Mikawa, ait défriché le Fushimiyama après l’abandon du château, et que ses descendants aient défriché la terre de génération en génération et planté des pêchers et d’autres arbres fruitiers. Cette tradition est également présentée dans l’aperçu du quartier de l’école élémentaire Momoyama Higashi. [R3H012, R2E017]
Une autre tradition, selon laquelle les jardiniers du château défrichèrent son site et commencèrent à y planter des pêchers et des camélias, figure aussi dans le numéro du printemps 2019 du Norin-gyo Dayori (Bulletin de l’agriculture et de la sylviculture) de la ville de Kyoto. Alors que l’histoire de la famille Nishino évoque un lieu d’origine et une succession familiale, celle-ci évoque un défrichement mené par des gens dont le métier était de cultiver les arbres de jardin. Ces explications ne contiennent aucun document reliant les jardiniers à la famille Nishino, ni le nom complet d’une personne qui aurait planté la première. Les deux récits n’ont pas été transmis fusionnés en un seul, mais comme des histoires racontant qui transforma les terres du château en une zone productrice d’arbres fruitiers et de fleurs. [R3H012, R2E015]
Les monographies locales compilées à l’époque moderne conservent aussi des récits sur la transformation du site du château en terres à pêchers. Le Fushimi Momoyama de 1912 indique qu’« il y eut une personne » qui planta des pêchers sur la colline en ruine, sans donner son nom. Le Gotairei Kinen Kyoto-fu Fushimi-cho Shi (Monographie de la ville de Fushimi, préfecture de Kyoto, en commémoration de la cérémonie d’intronisation) de 1929 explique que la friche caillouteuse laissée après l’abandon du château convenait à la culture des pêchers, et indique que dès l’ère Enpo, à la fin du 17e siècle, les pêchers fleurissaient déjà tous ensemble. Indépendamment des récits qui ramènent le premier planteur à une seule personne, ce sont des sources décrivant comment une terre privée des bâtiments de son château se transforma en un célèbre lieu de floraison au fil de plusieurs décennies. [R3H025, R3H020]
Momoyama resta une zone de production florale de l’ère Meiji à l’ère Showa. Une association de producteurs de fleurs fut fondée à Fushimi, et des agriculteurs cultivant des fleurs coupées perpétuèrent ce métier. Dans les travaux agricoles présentés par la ville de Kyoto en 2019, les pêchers et les fleurs de colza du printemps étaient réglés pour fleurir au moment où ils parvenaient aux acheteurs, puis expédiés. Les pêchers dont on admire les fleurs sur la colline et ceux dont on coupe les branches, que l’on fait fleurir au bon moment et que l’on livre dans le quotidien des gens, diffèrent par leur mode de culture et par l’organisation du travail. [R2E015]
Fruits à consommer, noyaux à usage médicinal et fleurs coupées à usage ornemental diffèrent par la partie récoltée et par la saison, même lorsqu’ils proviennent du même pêcher. Derrière le nom Momoyama se trouvait un travail de production : défricher le site du château, entretenir les arbres et expédier des produits selon chaque usage. [R2E015, R2E016]
Autour de la colline des pêchers, on pratiquait aussi des cultures de plein champ
Les collines de Momoyama et de Fukakusa, au nord, n’étaient pas des terres consacrées aux seuls pêchers. Sur les collines de Fukakusa, on cultivait le bambou, le thé et des arbres fruitiers selon la nature du sol, et des kakis Kubo étaient aussi cultivés dans les champs de thé. À l’époque moderne, le déclin des exportations de thé et la concurrence des fruits cultivés dans d’autres régions entraînèrent une conversion vers les légumes. Même si le nom « Momoyama » demeure, les mêmes cultures n’ont pas continué d’être pratiquées à la même échelle. [DXH017]
Le radis daikon de Momoyama est un autre produit qui porte le nom du lieu. Ses racines sont courtes et sa chair est ferme ; il sert principalement à la préparation des pickles takuan. Toutefois, quant à ses origines, une théorie veut qu’un daikon de la lignée du mont Ibuki ait été transplanté à Okamedani, tandis qu’une autre y voit un daikon de la lignée Chudoji, originaire de Kyoto ; la ville de Kyoto elle-même ne considère pas son origine comme établie. Aujourd’hui, sa culture conservatoire est confiée à des agriculteurs de Mukaijima. L’histoire d’un légume portant un toponyme, les lieux où il était autrefois cultivé et le lieu où la variété est conservée aujourd’hui ne coïncident pas nécessairement. [DXH016]

Distinguer sur la carte Shigetsu, le Kohatayama, le mausolée impérial et le donjon reconstitué
Avant la construction du château, Shigetsu, au sud, était le site de la villa de Fushimi des aristocrates et de la résidence de la maison princière Fushimi-no-miya. Le Kohatayama est la colline sur laquelle le château fut transféré après le séisme. Si l’on regroupe ces deux lieux sous l’appellation large et plus tardive de « Momoyama », on confond l’emplacement du premier château et celui du château reconstruit par Ieyasu. En poursuivant avec l’article sur l’Antiquité, l’époque de Heian et le Moyen Âge pour l’histoire de Shigetsu, et avec l’article sur le château et la ville castrale pour les transformations du château du Kohatayama, vous pouvez continuer votre lecture en distinguant clairement les sites. [52, 53]
Aujourd’hui, le mausolée impérial Fushimi Momoyama de l’empereur Meiji se trouve aux abords du site de l’enceinte principale (honmaru) du Kohatayama. L’usage de cette même colline a évolué dans l’ordre suivant : château, plantation de pêchers, mausolée impérial. Certaines parties des douves intérieures du château subsistent sous la forme des étangs Kosetsu et Jibu, mais le paysage en surface n’a pas été préservé dans son ensemble tel qu’il était à l’époque du château. [3, 79]
Le donjon du château de Fushimi Momoyama, visible à proximité, fut construit comme installation d’un parc d’attractions ouvert en 1964. Il est resté en place même après la fermeture du parc en 2003. Il ne s’agit pas de bâtiments du château de Hideyoshi ou de Ieyasu conservés tels quels : à l’ère Showa, une installation en forme de château fut ajoutée sur une terre où le nom Momoyama s’était déjà imposé. Plutôt que de considérer le mausolée impérial et le donjon reconstitué comme une même destination, il est conseillé de vérifier l’emplacement de chacun avant la visite. [3]
Le nom du mausolée impérial reprend lui aussi le toponyme apparu après l’abandon du château
L’empereur Meiji fut inhumé au mausolée impérial Fushimi Momoyama en 1912. Son adresse actuelle, telle qu’indiquée par l’Agence impériale, est Momoyama-cho Kojoyama, et le mausolée adopte la forme joen kaho, ronde au sommet et carrée à la base. « Momoyama », né du paysage de pêchers, et « Kojoyama » (colline de l’ancien château), qui indique qu’un château s’y dressait autrefois, figurent tous deux dans une même adresse. Le mausolée n’existait pas à l’époque du château, et ce n’est pas non plus la construction du mausolée qui a fait appeler le lieu Momoyama pour la première fois. [DXH025, DXH026]
Noms de daimyos, noms de métiers et nom du pêcher subsistent dans la ville d’aujourd’hui
Parmi les noms de quartiers de Fushimi, des noms d’origines diverses se côtoient. Otesuji doit son nom à la rue faisant face à l’Otemon, la porte principale du château, et des noms de quartiers tels que Mori Nagato et Hashiba Nagayoshi conservent le souvenir de résidences de daimyos. Setomono-cho, Shioya-cho et Naya-machi, en revanche, portent des noms qui évoquent les métiers des citadins. « Momoyama » est un nom né du paysage apparu après cet aménagement de la ville castrale. [3]
Lors de l’urbanisation engagée à partir de 1594, on traça des parcelles pour les résidences de samouraïs, les temples et sanctuaires, les maisons de ville et les rues. Kyomachi-dori et Ryogaemachi-dori, orientées nord-sud, devinrent les axes des quartiers résidentiels des citadins, et les zones humides basses du côté ouest furent remblayées, en partie avec la terre extraite lors du creusement des douves. Cette organisation, avec le château et les résidences des daimyos sur la colline à l’est et une ville marchande s’étendant à l’ouest, sous-tend les rues et les noms de quartiers d’aujourd’hui. [1]
Le Fushimi no Zu présenté plus haut représente des noms de quartiers, des rues et des voies d’eau. La date de réalisation de la carte originale est inconnue, mais en la comparant aux cartes actuelles, on peut se demander jusqu’où s’étendaient les rues et où les rives rejoignaient la ville. Lire les toponymes un à un fournit des indices qui relient l’époque du château, celle du célèbre lieu de floraison des pêchers, et les quartiers résidentiels et rues commerçantes d’aujourd’hui.
Le nom Momoyama subsiste aussi dans trois gares, portes d’entrée du quartier
La gare de Fushimi-Momoyama sur la ligne principale Keihan, la gare de Momoyama-Goryomae sur la ligne Kintetsu Kyoto et la gare de Momoyama sur la ligne JR Nara : disposer de trois accès ferroviaires dans un périmètre où l’on peut circuler à pied de l’un à l’autre est un atout majeur de Fushimi-Momoyama. La ville de Kyoto présente également ce quartier comme facilement accessible depuis Kyoto, Osaka et Nara, avec des rues commerçantes proches des zones résidentielles. Comme on peut choisir entre trois lignes, les possibilités ne se limitent pas aux trajets quotidiens et aux courses : on peut aussi s’y arrêter lors d’une visite de Kyoto ou prolonger son itinéraire vers Uji et Nara. [80, 20]

D’ouest en est se succèdent la gare Keihan de Fushimi-Momoyama, la gare Kintetsu de Momoyama-Goryomae et le sanctuaire Gokogu, tandis que la gare JR de Momoyama se trouve au sud-est de la gare Kintetsu. La galerie couverte de la rue commerçante Otesuji commence du côté ouest de la gare Keihan. Connaître l’emplacement des trois gares permet de savoir dans quelle direction marcher en arrivant à une gare, et évite de se perdre en supposant que la rue commerçante et les collines de l’est se trouvent dans la même direction. [34]
Depuis la gare de Kyoto, vous pouvez prendre la Kintetsu jusqu’à Momoyama-Goryomae ou la ligne JR Nara jusqu’à Momoyama. Depuis Gion-Shijo, Sanjo ou les gares de la ligne Keihan à Osaka, c’est la gare Keihan de Fushimi-Momoyama qui sert d’accès. Vous pouvez tirer parti de chaque ligne pour la suite de votre trajet : la JR vers Uji et Nara, la Kintetsu vers Kyoto et Nara, et la Keihan vers l’est de la ville de Kyoto et vers Osaka. Comme les gares desservies et la nécessité d’une correspondance varient selon le type de train, le plus sûr est de préciser à la fois la compagnie ferroviaire et le nom de la gare lors de la recherche d’itinéraire. [14, 15, 30]
Ce « triple accès » ne signifie pas que l’on peut passer d’une ligne à l’autre dans une même gare. Chacune des trois gares possède ses propres portillons d’accès, et l’on circule à pied par les rues de la ville entre elles. Si vous dites « Momoyama-Goryomae de la Kintetsu » en fixant un rendez-vous, ou « Momoyama de la JR » en recherchant une destination, vous éviterez de confondre ces noms de gares similaires.
Parcourez les collines à l’est des gares, et visitez la rue commerçante et le quartier des brasseries de saké à l’ouest
Si vous commencez votre promenade par le sanctuaire Gokogu et Otesuji, la Kintetsu ou la Keihan constituent un accès pratique. En partant vers l’ouest par la rue commerçante, puis vers le sud depuis Naya-machi ou Ryoma-dori, vous pouvez prévoir un parcours qui vous mène à pied jusqu’au quartier des brasseries de saké et au bord de l’eau. Les jours où vous visitez le site du château et le mausolée impérial à l’est, vous parcourez à pied une zone plus vaste que les jours passés uniquement dans les rues commerçantes devant les gares. Vous pouvez choisir votre itinéraire, y compris le temps nécessaire pour rejoindre les collines, à l’aide du guide d’accès par ligne et des cartes. [34]
Après avoir poursuivi vers le sud depuis le quartier des brasseries de saké, vous pouvez aussi rentrer par la Keihan depuis la gare de Chushojima. Comme il n’est pas nécessaire de revenir à la gare d’arrivée, vous pouvez découvrir la ville dans l’ordre suivant : sanctuaire Gokogu, Otesuji, quartier des brasseries de saké et Chushojima. La possibilité d’utiliser des gares différentes à l’aller et au retour contribue aussi à faire de Fushimi, bien desservi par le rail, un lieu facile à explorer à pied. Le plan de promenade d’une demi-journée décrit en détail un ordre de visite pour ce secteur.
Les activités de plantation de pêchers relient l’origine du nom au présent
Le « Momoyama Project », qui mène des plantations d’arbres et assure leur entretien avec les habitants et les écoles du quartier, s’efforce de faire grandir dans la ville d’aujourd’hui le paysage de pêchers devenu toponyme. La présentation de la ville de Kyoto décrit des activités qui vont au-delà de la plantation de pêchers et tissent des liens au sein de la communauté grâce à l’arrosage, au désherbage et à la taille. Au cours de l’exercice 2016, le projet a reçu un prix d’excellence dans la catégorie des activités de création paysagère du Kyoto Landscape Award. [78]
Après la disparition des bâtiments du château et la transformation des anciens vergers de pêchers, il n’est pas resté que le toponyme. Il existe des personnes qui étudient l’histoire du lieu à partir de son nom, plantent des pêchers et en prennent soin. S’intéresser au « Momoyama » des noms de gares et des adresses n’est pas seulement une manière d’imaginer le château d’autrefois : c’est aussi un point de départ pour découvrir les modes de vie qui ont suivi l’abandon du château et ce que la ville d’aujourd’hui cherche à perpétuer.
Références
- Ville de Kyoto : Histoire urbaine 20, le château de Fushimi
- L’époque de Heian : la culture aristocratique et Fushimi
- Le Moyen Âge : une époque de troubles / Fushimi et ses liens avec la Cour du Nord
- Ville de Kyoto : la ville castrale fondée par Hideyoshi
- Miyako Meisho Zue (édition de 1786)
- Ville de Kyoto : Momoyama Project
- Agence impériale : mausolée impérial Fushimi Momoyama de l’empereur Meiji
- Ville de Kyoto : Sumu Machi Fushimi, secteur des gares de Tambabashi, Fushimi-Momoyama et Momoyama-Goryomae
- Ville de Kyoto : Sumu Nara Kyoto (Vivre à Kyoto), secteur de Fushimi-Momoyama
- Keihan : carte de promenade de Fushimi-Momoyama et Chushojima
- Keihan : gare de Fushimi-Momoyama
- Kintetsu : plan de la gare de Momoyama-Goryomae
- JR West : gare de Momoyama
- DXH014 Ville de Fukuyama : château de Fukuyama
- DXH027 Musée du château de Fukuyama : Fushimi Yagura
- DXH015 Base de données du patrimoine culturel : pavillon principal du sanctuaire Gokogu
- DXH017 Archives de Fukakusa : vie et paysages de Fukakusa
- DXH016 Ville de Kyoto : daikon de Momoyama
- DXH025 Agence impériale : mausolée impérial Fushimi Momoyama de l’empereur Meiji
- DXH026 Bibliothèque municipale de Kyoto : demande de référence sur les tombes de l’empereur Meiji et du général Nogi
- R2E008 : Fukui Tomoko (1997), « Poèmes sur les fleurs de pêcher de Fushimi : autour du Soroshu »
- R2E015 : Ville de Kyoto, Norin-gyo Dayori n° 101 (printemps 2019), « Connaissez-vous les zones de production florale de Kyoto ? »
- R2E016 : Gekkeikan, Fushimi Momoyama : une ville d’histoire, d’eau et de saké
-
R2E017 : École élémentaire municipale Momoyama Higashi de Kyoto, aperçu du quartier de l’école
-
R3H025 : Dai Nihon Shiseki Kenkyukai (dir.) (1912), Fushimi Momoyama
- R3H020 : Kyoto-fu Fushimi-cho (dir.) (1929), Gotairei Kinen Kyoto-fu Fushimi-cho Shi
Illustration principale : Cafe & Sweets Parade Kyoto.